The Remembrance of the Future by Garat Mathieu

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SUMMARY: Who is Mournn de Tristannaverniles, beyond the ancient dark wizard and the eternal warlock, who dared vainly Her Majesty The Death... He's for the moment a stupefiant servant, her lackey in the gray stars.

French text

_ Jamais je ris, jamais je pleure. Je suis une ombre, et dans mes yeux brûlent les temps vieux et beaux, l'âtre de mes paupières est le tréteau où s'enracine l'âme que je dévore, là devant vous je place le poids des anciennes rimes sur la faucille de mon verbe laid : je suis la mort de celui qui prétend posséder le courage de lire pire que les orbites d'un décapité.

Qui m'approche voit se briser le cadran de sa dernière heure, la lueur de l'aiguille indiquant l'heure du néant qu'il n'avait su prévoir. Mon nom importe peu, l'on me demanderait d'en donner un indice que je laisserais, au hasard, le plus simple et le plus fade devant vos yeux pétrifiés : Mournn. Je suis le serviteur de Sa Majesté l'Osselet de Pierre, vous la nommez la mort parce qu'elle rappelle en vous une tombe, un vase, un trou, un souvenir. Oui je me dévoile enfin ! Quand vous trépassez sous le pont du torrent de l'existence, j'apparais sur Son ordre, hurlant ce qui n'est que sentence et châtiment pour vos crimes décidés ou non consentis. Peu nous importe. Vous devenez statues tandis que l'éternité se libère de vos vêtements, car la vérité c'est que plus personne face à Elle ou à moi mérite l'immortel trône qu'on érigeait autrefois aux héros. Vous n'êtes plus des dieux, ni des rois, homme ou femme sans fin à la chair condamnés, vous disparaissez sous mon coup de serpe, et dans le tonnerre d'une impossible tempête explosez en pensées, crépitement d'étoiles inutiles !

Or, ce que moi, Mournn, j'ai miré partout en d'autres lieux et d'autres époques, je l'ai brisé par défi à l'Osselet.

« J'ai déjà été l'homme d'un destin qui aurait pu être. » Criais-je à la grille du jour, pour mieux le braver en piétinant le jardin gris de son palais.

Hélas ! Comme il hurla de rire. De sa griffe il darda un rayon sur mes mots car il savait mon arme la plus puissante enfermée dans la cadence de chaque roulement de mes syllabes ! Immédiatement je perdis le sens de la parole, et le puissant sorcier que j'étais, devenais ce que je suis devant vous, un spectre, un drap agité de breloques aux sons des pantomimes sinistres, oui ! j'avais pour seule récompense à ma révolte la putride figure d'une momie vaudou, une Liche !

Pourquoi avoir tenté le Grand Échalas comme vous le surnommez alors que vous ignorez son Absolue frayeur ? Parce que je détenais une épée que j'avais conçu grâce mes misérables travaux, en secret le croyais-je sur une forge alimentée par le soleil de ses cauchemars, vos crimes et vilenies, là dans la cheminée du palais que j'avais tant de fois arpenté en tant que laquais... oh ! assez tout cela est terminé !

Qui de plus puissant que moi peut foudroyer encore mes ailes ? Personne. Lisez ces mots, ailleurs le Souvenir de l'Avenir est mieux établi et l'ouvrage plus copieux, vous le goûterez quand je sortirai de ma torpeur.

« La vie est une nuit qui jamais ne s'éclaire, un enfant qui surgit dans un éclair et meurt ! De la lumière n'ayant vu que l'ombre... Or un nouveau matin se lève sur le tombeau du monde, où demain vous méditerez d'autres rêves et soulèverez des pierres encore plus profondes ! »

English text :

Never I laugh, never I cry.

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